scÚnario

Corps Útrangers de NaŰl Marandin

Né à Paris, Naël Marandin commence à jouer la comédie à l’adolescence. Il apparaît d’abord au théâtre

puis à la télévision et au cinéma. Il prend ses distances avec ces premières expériences pour finir ses études de sciences politiques puis voyager. Il passe notamment plus d’un an en Chine et au Tibet. A son retour,  il retravaille en tant que comédien, puis saute le pas vers la réalisation. ll réalise son premier court-métrage, Corps étrangers, avec le Grec en 2006. Ce court-métrage a fait l'objet de nombreuses sélections en festival, dont au Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand en 2008. 

Son premier long métrage,  La Marcheuse, est sorti en salles en février 2016. 

 

Corps étrangers

de Naël Marandin

Présentation au collège de lecture B du grec, 2006

  1. INT/NUIT CAMION

L’image est noire pendant le générique. Pourtant, on entend et on ressent des présences : des respirations, des léger gémissements, un bruit de moteur. On comprend que nous sommes dans la remorque d’un camion. A chaque secousse, ou virage trop serré, on entend les réactions des passagers. A la fin du générique – l’image est toujours noire – le camion s’immobilise, un silence d’attente et de crainte envahit le camion. Soudain la porte coulissante de la remorque remonte bruyamment. Il fait nuit. Des lumières artificielles pénètrent dans le camion.

  1. Ext/nuit Zone industrielle

Toute la scène est filmée de l’intérieur du groupe, comme si la caméra était l’un des passagers. Trois jeunes chinois avec des lampes de poche sont au pied du camion. A peine la porte ouverte, qu’ils se mettent à crier « Kuai yidianr ! Xiache ! » et à pousser les gens hors du camion. La panique prend les passagers (tous chinois) qui se précipitent dehors. Un des crieurs montent dans le camion, il presse les gens à descendre. Il est précipité mais pas violent : s’il jette sans ménagement des balluchons à l’extérieur, il aide les gens à descendre. Une fois tout le monde descendu, il balaye le fond du conteneur avec sa lampe torche : il n’y a plus personne. Il saute du camion, ferme la porte arrière et crie au chauffeur en donnant deux coups sur la paroi de la remorque. Le camion démarre et disparaît dans la nuit. La panique tient toujours les voyageurs, ils sont à la recherche de leurs proches, de leurs affaires. Malgré l’agitation de la caméra, on remarque une jeune fille paniquée. Elle cherche quelque chose, le trouve – c’est son sac –, l’attrape et court se cacher derrière une benne. Elle ferme les yeux et reprend son souffle.

On découvre LIN AIYU, jeune fille chinoise d’une vingtaine d’années.

Soudain, on entend un moteur s’allumer et un véhicule s’éloigner. Lin Aiyu se lève pour regarder : deux phares disparaissent au loin. Elle est désormais seule dans la nuit qui recouvre la zone industrielle.

La scène n’a duré que quelques secondes.

FONDU AU NOIR

  1. Ext/matin Zone industrielle de l’aéroport Charles-de-Gaule

Lin Aiyu marche le long d’un échangeur. A côté d’elle, la frôlant, parfois, des voitures passent à toutes vitesses. Certaines klaxonnent au passage. Elle n’a pas l’air apeurée mais déterminée. Au loin, on voit l’aéroport Charles-de-Gaulle et le ballet des avions.

  1. Ext/jour Zone industrielle

Lin Aiyu marche dans la zone industrielle. Elle est déterminée. Parfois un gros camions passe bruyamment à côté d’elle. Le premier la fait sursauter, puis elle reste impassible au passage des suivants.

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