scÚnario

Des jours dans la rue

Arthur Harari est un réalisateur et scénariste français. Après le film Des jours dans la rue, il réalise La main sur la gueule puis Peine perdue. En 2017, son premier long métrage, Diamant noir est nommé deux fois aux César et reçoit celui du meilleur espoir masculin pour Niels Schneider. Il écrit actuellement son prochain long métrage de fiction, Onoda, 10 000 nuits dans la jungle.

Des jours dans la rue a été sélectionné au Festival Côté Court de Pantin et aux Rencontres du moyen métrage de Brive en 2005 ainsi qu'au Festival Premiers Plans d'Angers en 2006.  

Des jours dans la rue 

Scénario de court métrage / 18 minutes 

 

Synopsis : Christian a entre 40 et 50 ans. Il marche à Paris, sous le soleil d'été. Il passe des coups de téléphone, cherche du travail, rencontre des amis, va au café. Il fait chaud, il porte toujours les mêmes habits. Il ne trouve pas de travail, s'épuise. Il téléphone à sa mère, part la voir en province. Il marche encoren sur une route, la nuit. Les repères du temps se brouillent. Autour de Christian, la réalité est la même, mais il en fait de moins en moins partie.

 

1- EXTERIEUR ET INTERIEUR 1 JOUR-Place des Vosges, rue et café.

Christian ouvre les yeux. Il est allongé dans l'herbe. Il se redresse, plisse les yeux: le soleil est accablant. C'est un homme trapu au visage marqué, pouvant avoir entre 40 et 50 ans. Son nez est cassé comme celui des boxeurs, son front est très grand, son crâne est dégarni sur le dessus, ses cheveux sont coupés courts. Il est rasé de frais, et porte une chemise aux manches retroussées.

Il regarde autour de lui : sur les pelouses de la Place des Vosges sont allongés des couples, des gens seuls, des groupes d'hommes et de femmes oisifs. Dans le large bac à sable et autour de la statue, des enfants courent et jouent. Christian les regarde, puis baisse les yeux et regarde l'herbe entre ses jambes, autour de lui. Il n'y a ni sac, ni veste. Il se met à chercher dans ses poches, et en sort quelques pièces de monnaie, un billet, un papier plié en deux. Il le déplie, lit les quelques lignes qui y sont inscrites. Il regarde l'heure à sa montre.

Il se lève, quitte la pelouse et traverse la place. Sa démarche est lente, pesante, ses épaules sont voûtées.

Il passe sous les arches et se retrouve dans la rue. Le lourd soleil d'été l'écrase ; il marche en fermant les yeux , comme cloué au sol par la lumière, la chaleur. Il rouvre les yeux : autour de lui, les gens semblent savoir où ils vont, qu'ils soient pressés ou détendus. Tout en marchant, Christian ferme les yeux et les rouvre à plusieurs reprises. Il arrive devant une cabine de téléphone publique et y entre. Il ressort le papier plié en deux, regarde l'heure à sa montre, puis décroche le combiné et compose le numéro écrit sur la feuille. Il attend, puis :

Christian : 

-Allo ... Laurent, c'est Christian. Oui. Tu m'avais dit d'appeler pour confirmer ... Oui. Ah bon ... D'accord. Oui, tu m'avais dit de t'appeler pour confirmer. Non, je pensais venir tout à l'heure. D'accord. Quand ça? ... Je dis : quand veux-tu que je vienne ? Oui, après demain, d'accord. Oui, c'est vendredi. Où? ... Oui, comme on avait dit ... Oui, tu m'avais dit (il regarde le papier): bâtiment A. Oui, à demain. Euh ... à vendredi. Salut.

Il raccroche, range le papier et sort de la cabine.

Il marche dans la même rue, le soleil n'a pas baissé. Au bout de quelques dizaines de mètres, il entre dans un café.

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