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Huit films français (dont un du Grec !) qui mettent en scène les arts martiaux

On les associe à un imaginaire oriental et à la production cinématographique asiatique et pourtant, il existe bien aussi des films français mettant en scène les arts martiaux. À l’occasion de l’exposition « Ultime Combat. Arts martiaux d’Asie » au musée du Quai Branly, jusqu’au 16 janvier 2022, focus sur huit pépites (parfois) oubliées.

 

Vues n°926, Escrime au sabre japonais et n°925, Lutteurs japonais, François-Constant Girel (1897)

Et si les premiers films d’arts martiaux étaient français ? Cela peut paraître étonnant de prime abord, mais il faut se souvenir que dès les débuts de leur invention, le Cinématographe, les frères Lumière ont envoyé des opérateurs aux quatre coins du monde pour collecter des images. Ainsi, en 1897, Constant Girel, part pour Kyoto et parmi les sujets qu’il y filme, ces deux prises de vues, quarante-sept secondes chacune, de deux combats d’escrime au sabre japonais : le « kendo », art martial directement héritier du « kenjutsu », l’art du sabre que pratiquaient les samouraïs.

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Matti Ke Lal, fils de la terre d'Elisabeth Leuvrey (1998)

 
Guru Hanuman Ji dans Matti Ke Lal, fils de la terre Grec - Elisabeth Leuvrey - 1998

Après le Japon, la Corée, le Brésil et la France… Cap sur l’Inde, avec ce court métrage documentaire produit par le GREC (Groupe de Recherches et d’Essais Cinématographiques), faisant le portrait de Guru Hanuman Ji, sage de 98 ans qui, depuis soixante-dix années, recueille des orphelins dans son akhara (camp d’entrainement), école où il enseigne le « kushti », une lutte traditionnelle indienne.

La réalisatrice laisse la parole à cet homme vénérable, à travers le récit duquel c’est aussi l’histoire de l’Inde du XXème siècle qui se raconte. Ce dernier se remémore, ainsi, la période coloniale de l’Inde où son akhara « servait de refuge » à ceux s’opposant au pouvoir britannique, tel Chandra Shekhar, grand résistant et indépendantiste, et où, afin de les protéger, il a dû subir des interrogatoires violents de la part des autorités.

Mais, surtout, la conception des arts martiaux comme « philosophie de vie », n’est nulle part plus évidente que dans ce film-témoignage où les paroles de G. Hanuman Ji et les images mettent en avant un rapport à la fois mystique et charnel de l’homme avec la terre, qui ne s’exprimerait pleinement que par la lutte.

Le montage du film s’organise autour d’une certaine logique narrative, commençant par suivre les entrainements et se concluant sur les combats. Accompagnés d’instruments percussifs, on voit les jeunes lutteurs courir entre les automobiles des quartiers du vieux Delhi ou effectuer des échauffements qui, rythmés par le séquençage des plans, deviennent des pas de danse synchronisée, martelant le sol. Les plans de lutte, quant à eux, prennent les allures de véritables communions avec la terre : les lutteurs la labourent de leurs pieds, l’étreignent de leurs bras, se roulent dans un corps-à-corps passionnel avec elle. E. Leuvrey propose une véritable mise en scène de la rencontre entre les corps et leur milieu. En variant les échelles de plans et les rythmes de défilement (usant même du ralenti), elle crée une chorégraphie où les individus ne font plus qu’un avec la terre, gagnant ainsi le droit de porter fièrement le titre du film sur leurs épaules.

 

 

Article complet à lire sur le site du CNC :
https://www.cnc.fr/cinema/actualites/huit-films-francais-qui-mettent-en-scene-les-arts-martiaux_1597921



Date de publication : 07-01-2022

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