Depuis 1970, le Groupe de Recherches et d’Essais Cinématographiques, avec le soutien du CNC et des industries techniques, produit les jeunes auteurs de films en leur proposant un espace d’indépendance et de liberté créatrice.
Bernard Jubard nous a quittés dans une discrétion extrême, longtemps il fut le Président du G.R.E.C., et pendant de longues années il a soutenu notre action, saisi notre mission, accompagné notre combat professionnel. Il fut un Président attentif et protecteur nous encourageant à l’initiative et à entreprendre comme le fit avant lui Michel Fano à qui le G.R.E.C. doit d’être aujourd’hui encore cette structure inventive unique dans le soutien à la jeune création du cinéma et toujours en mouvement. Bernard rejoint ceux (...)
Quand on est assis sur le sable des dunes et qu’on regarde la mer - aujourd’hui très basse à cause des grandes marées - on éprouve un étrange sentiment de découragement.
Qui donc pourra faire mieux que cette beauté du paysage ? Il y a du vent, quelques nuages et un soleil intense et courageux. Et dans le cinéma aussi mais avec plus de nuages et beaucoup de vent, avec un soleil courageux mais c’est « le soleil noir de la mélancolie ». Que voyons-nous là bas au loin ? Oui, des nuages s’accumulent. Déjà l’idée de (...)
On éprouve une gêne à voir certains courts métrages obtenir des budgets démesurés et recevoir des sommes cumulées qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros. Gêne mais surtout inquiétude face à la pénurie qui semble atteindre toutes les sources de financements. Se crée alors une échelle de valeurs financières n’ayant aucun lien avec la qualité des œuvres entreprises : milliers d’euros sans raison, et petite somme pour « bel ouvrage ». Pour dire : il se forme une aristocratie du film, des baronnies (...)
Les étudiants, les élèves de La fémis se sont mis en mouvement pour changer, améliorer, transformer leur rapport au cinéma et à l’enseignement qui leur est donné. Ce qui touche La fémis (ou l’IDHEC, par le passé) touche aussi le G.R.E.C., comme la création du Fresnoy a aussi questionné le G.R.E.C. Selon les humeurs nous sommes de-ci, de-là partenaires de ces grandes institutions. Nous sommes nés en 1969 et cette antériorité fait que nous avons enregistré toutes ces nouvelles histoires en poursuivant sans faillir notre (...)
Ça serait bien de revenir au temps où il n’y avait rien (ou presque rien). Vous en souvenez-vous ? C’est un peu comme les acquis du féminisme dans les années 70 : vous vous souvenez ? Je parle d’un temps heureux, autour des années 1968-1969 ; pas de véritable action culturelle mais de l’action « tout court ». Il a fallu inventer des festivals, des rencontres, des lieux pour les avant-gardes, présenter le cinéma actuel, aller au devant des cinéastes. Le festival de Tours avait disparu et ce fut : Toulon Hyères, (...)
La fin de la publicité sur les chaines de télévision publique nous rendrait-elle un peu d’espoir ? Il n’est pas raisonnable de le faire croire. En voyant se multiplier les « écrans » on a pu songer que s’ouvrirait une ère bénite pour tous les créateurs. Quelque chose dans la continuité du Service de la Recherche de l’O.R.T.F. de Pierre Schaeffer ou des approches heureuses en production de l’INA. Rien ne s’est produit. Même tout s’est effondré et aucune réelle politique d’encouragement à la production d’œuvres (...)
Je lis dans « Le Monde » du 24 juin que la Cinémathèque Française est venue à bout de ses déficits, bravo ! (Le GREC n’en a pas.) Et je lis le chiffre du budget. Et je me demande si c’est le bon : 26 millions d’euros et 360 000 entrées payantes par an. On n’arrive pas tout à fait à croire que la jolie maison de bois sur les bords de la scène, je veux dire de la Seine, coûte le prix d’une vingtaine de longs métrages dits « du milieu ». Ainsi va la vie de l’art aujourd’hui, et de la déconfiture probable du cinéma, quel (...)
La dame au chien de Damien Manivel, Prix de la jeunesse, Mention spéciale du jury, Prix de la résidence Côté Court au Festival Côté Court, Pantin, juin 2010.